l'opportunité de monter un laboratoire de recherche en design articulé avec le territoire s'est présentée. Je travaillais déjà avec des entreprises locales, donc je me suis investie dans ce projet. Il s'agissait d'aborder la recherche par la pratique et de renforcer la pédagogie du master design objet. L'idée était de mettre les étudiants au cœur d'un maillage d'acteurs, tels des entreprises, des associations, des institutions et de développer avec eux des propositions de design. Depuis la création de la chaire IDIS, nous avons questionné plusieurs filières des éco-matériaux (lin, chanvre, terre crue, pierre, bois), produit de nombreux prototypes que je valorise par le biais d'expositions, de conférences et de publications. 2. Comment en êtes-vous venue au commissariat et à la scénographie ? Quand vous imaginez une exposition, comment abordez-vous les relations avec les artistes, les œuvres, les publics ? Quel type d'écoute ou d'attention guide votre manière de faire ? VM : La scénographie est arrivée assez vite dans mon activité par le biais de l'événementiel et des salons professionnels. J'ai travaillé avec NellyRodi sur des forums de lingerie, sur la Biennale Émergences, d'abord en tant que scénographe, et depuis 2023 j'assure le commissariat d'exposition avec Helena Ichbiah. Cette année, j'ai également collaboré avec le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d'Art pour l'exposition Fils et Filiations, orchestrée par Audrey Demarre. Pour moi, il n'est pas possible de présenter un travail sans connaître la personne qui est derrière. J'ai besoin de cette phase de rencontre, humaine, au sein de l'atelier : voir l'environnement dans lequel le créateur évolue, comprendre les questions qu'il se pose. Cela me permet de montrer le travail au plus juste. Et puis surtout, le commissariat devient plus intéressant lorsque l'on doit faire dialoguer plusieurs créateurs : cela permet de tisser des liens entre les pratiques tout en rendant plus lisibles les singularités. 3. Votre polyvalence vous amène à travailler dans des contextes variés, à vous inscrire dans des collectifs - comme c'est le cas avec la Biennale Émergences. Comment cette découverte du JAD se traduit-elle dans l'exposition et comment appréhendez-vous son collectif et sa dynamique de création ? VM : Je trouve que la synergie se ressent dans l'entente des créateurs entre eux et avec l'équipe du JAD aussi. C'est très significatif au moment des repas du midi, je voyais qu'il y avait une fluidité dans les échanges. Des amitiés se créent. C'est très fort et on se sent tout de suite à l'aise. Avec les propositions du Programme de Recherche et d'Innovation Collaborative (PRIC), on rentre un peu plus dans la précision des relations entre les créateurs, dans la manière dont leur questionnement et leur savoir-faire se répondent. J'ai constaté aussi que leur enthousiasme réciproque dans ces collaborations pouvait les amener à se surprendre eux-mêmes. Être dans une recherche empirique demande du temps, c'est pourquoi l'exposition présente différentes étapes d'avancement de la création : dessin, échantillon, maquette, prototype fonctionnel, pièce unique. |