Dans l'ancienne bijouterie Van Cleef & Arpels, première implantation de la maison hors de Paris en 1909, le Breizh Café ouvre un nouveau chapitre à Dinard. Ce projet global de rénovation, signé Manon Lhommelet et Guillaume Terver de LeLAD BRUT, restitue avec sensibilité l'esprit originel du bâtiment tout en y insufflant la modernité et la sobriété chères à l'univers du Breizh Café. Entre patrimoine et contemporanéité, culture bretonne et élégance nippone, le lieu incarne un art de vivre singulier, à la croisée du temps et des cultures. Le contexte Breizh Café est une entreprise fondée par le Breton Bertrand Larcher, qui a créé en 1996 sa première crêperie... au Japon, pays où il s'est installé avec son épouse japonaise. Formé à l'école hôtelière de Dinard, Bertrand Larcher a imaginé un pont culinaire unique entre la Bretagne et le Japon, en mariant la tradition bretonne des galettes de sarrasin avec la culture japonaise du soba, également à base de sarrasin. Son concept, fondé sur la qualité des produits, l'agriculture durable et la rencontre de deux savoir-faire, s'est développé des deux côtés du globe, donnant naissance à un véritable écosystème : crêperies, ferme dédiée au sarrasin et aux pommiers à cidre, école internationale de crêpiers et épicerie spécialisée. Aujourd'hui, Breizh Café incarne une forme de diplomatie gastronomique franco-japonaise, alliant authenticité bretonne et raffinement nippon, à l'instar de LeLAD BRUT. LeLAD BRUT est, quant à elle, une agence d'architecture intérieure cofondée par Guillaume Terver et Manon Lhommelet. Ils se rencontrent au sein du laboratoire en architecture et design LeLAD, fondé par Guillaume, où ils découvrent une vision et une sensibilité communes et complices de l'architecture. L'agence se distingue par une approche où matière, fonction et authenticité se rencontrent, privilégiant des matériaux bruts et un geste artisanal réfléchi. Basée entre la Bretagne et Paris, LeLAD BRUT conçoit des projets sur mesure en France et à l'international, mêlant architecture, design intérieur et mobilier, avec un souci constant de contextualisation et de sens. Leur signature : une esthétique sobre mais puissante, où chaque élément trouve sa place. L'architecte Manon Lhommelet prône donc une approche de l'architecture raisonnée. Pour elle, la maîtrise de la matière ne se limite pas à la simple conception ; elle passe également par un apprentissage approfondi du travail manuel. Avec une passion minutieuse pour les détails, l'architecture devient pour elle bien plus qu'un métier : un véritable modus operandi. Empreinte d'une expérience de 5 ans au Japon où elle a pu faire l'exercice d'une architecture épurée mais néanmoins signifiante, Manon Lhommelet créée sur mesure pour l'usage final de son habitant. Guillaume Terver, quant à lui, est né à Téhéran et a grandi à Haïti, au Liban puis à Rome, où il passera une grande partie de son enfance. Ce parcours aura une influence profonde sur son approche architecturale. Une agence portée par deux architectes nourris d'horizons multiples, pour qui l'essence de chaque projet réside dans la relation sensible tissée entre l'espace et son usager. Bien que l'un évolue dans la gastronomie et l'autre dans l'architecture intérieure, Bertrand Larcher et LeLAD BRUT partagent une même philosophie bretonne de l'authenticité et de l'artisanat. Tous deux mettent en avant la matière, le savoir-faire local et la qualité. Leur démarche conjugue ancrage régional et une passion commune pour le Japon, faisant dialoguer tradition et modernité, que ce soit dans une crêperie ou dans un espace intérieur pensé sur mesure. Le projet Avec une surface totale et exploitée de 140 m², le projet s'inscrit dans une démarche d'archéologie architecturale. Les architectes ont minutieusement décortiqué les couches successives de rénovation pour révéler les éléments cachés du passé : boiseries murales, mosaïques au sol, panneautages décoratifs et façade d'origine. Une collaboration étroite avec les Architectes des Bâtiments de France a permis de restituer la richesse de l'architecture initiale de la façade extérieure, marquée par le raffinement bourgeois du début du XXe siècle. Dans cet écrin restauré, LeLAD BRUT introduit des matières brutes et essentielles, empruntées à l'univers rural : bois massif de frêne, granit, enduits à la chaux... Peu d'éléments, mais choisis avec soin, pour offrir une lecture sobre et lisible du lieu. L'intervention crée un dialogue subtil entre l'élégance historique et la sincérité du geste artisanal, reflet des valeurs du Breizh Café et de ses racines bretonnes. Des travaux de structure ont été nécessaires pour restaurer un bâtiment fragilisé par le temps. L'ouverture du mur porteur entre l'ancienne salle du restaurant Santa Lucia et le local attenant (autrefois chambre froide) a redonné toute son ampleur à l'espace. Le sol extérieur en mosaïque, attribué à Isidore Odorico, a fait l'objet d'un travail minutieux de restauration. La découverte et la remise en état du sol en mosaïque des espaces intérieurs ont permis de révéler à nouveau ses motifs et ses couleurs authentiques, auparavant dissimulés sous un parquet. Très présente et résolument singulière, la table centrale du restaurant, qui évoque la table d'une ferme, s'impose comme une pièce maîtresse du lieu. Conçue en bois gougé, elle s'inspire de la technique artisanale japonaise du Naguri, un savoir-faire ancestral qui consiste à sculpter le bois à la main pour lui donner relief et texture. Pensée comme un véritable trait d'union entre deux cultures, cette table incarne le dialogue subtil entre l'esthétique nippone et l'identité bretonne. Elle s'inscrit ainsi naturellement dans l'histoire et l'ADN de Breizh Café, où le respect des traditions et la rencontre des savoir-faire sont au cœur de l'expérience. Autour de cette grande table centrale, chaises et tabourets sont édités par LeLAD EDITIONS, prolongeant le dialogue entre artisanat, sobriété et élégance. Suspendu au-dessus de la table, le luminaire se dévoile comme une oeuvre unique. Façonné sur mesure, il associe le bois pour sa structure et le papier, à l'image du papier washi japonais, afin d'offrir une lumière douce et enveloppante. Les étagères, quant à elles, reposent sur des cales en granit et en bois, évoquant des éléments de récupération issus du paysage rural environnant. Par cette intervention Manon Lhommelet et Guillaume Terver démontrent leur capacité à révéler l'esprit des lieux. Ils ont travaillé de nouveaux espaces, des matériaux nobles et naturels pour redonner vie à ce lieu d'exception. |